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Nénuphare Chroniques et quotidien de la Maison-phare

Une histoire de cabane

Par Hélène P. et Mathieu D.

On a toutes et tous déjà fait une cabane dans notre vie. Que ce soit dans notre chambre, dans la forêt ou dans un coin du salon, qu’elle soit simple, de fortune ou élaborée, que ce soit pour s’échapper ou pour se retrouver, la cabane est un petit lieu de vie sur un temps précis mais qui se dérobe au temps qui passe. On a envie de vous raconter celle qui s’est construite pendant les ateliers d’été dans la cour de l’école Champs-Perdrix à la Fontaine d’Ouche.

Déjà, le temps de se mettre d’accord. D’essayer de faire un plan. De voir ce qu’on peut faire avec le matériel qu’on a. De se répartir les tâches et de s’organiser. Assez vite, la structure globale prend forme. Nœuds et ficelles, vis et équerres, c’est du costaud ! Beaucoup d’enfants ont déjà bricolé sur l’atelier menuiserie : les perceuses, visseuses et scies sont devenues des outils familiers.

Dès que les choses prennent forme, on a envie de les nommer, toujours pour les faire exister. Trois propositions ressortent : la « Super Cabane », la « Cabane-phare » et la « cabane secrète ». L’assemblée de 16h qui regroupe une soixantaine de personnes est le moment idéal pour choisir le nom.

Il faut ensuite trouver de quoi habiller cette construction qui s’appelle maintenant la « Cabane-phare ». Côté couture, quelques enfants participent au chantier à l’aide de grands tissus donnés la veille par une habitante du quartier. Mais ça patine un peu… Toujours le tiraillement entre l’envie de faire quelque chose pour le collectif ou quelque chose pour soi : réalisation de sacs, de masques pour dormir et de sachets de lavande… Finalement ça se met au boulot et la cabane s’habille doucement.

Le lendemain matin, en arrivant aux ateliers, on croise sur notre route les personnes des espaces verts qui élaguent les buissons. Vite ! Une sortie dans le quartier s’organise, avec une brouette pour récupérer ces branches qui ont exactement la taille de la cabane. Après de nombreux allers-retours, les murs sont complètement recouverts et l’intimité s’installe dans l’abri.

C’est parti. La cabane-phare est prête.

Avec quelques coussins et deux tapis, elle devient un lieu de siestes, de sessions de loup-garous, de dégustations de potions à boire (découverte des tisanes de sauge et de menthe), de concerts d’accordéons, de lectures à partager entre grands et petits, de secrets et d’imagination. Chacun et chacune trouve sa place, a une place. Des rendez-vous sont donnés.

Ce petit lieu d’intimité a même un vigile qui de temps un temps s’assure que les personnes connaissent bien le mot de passe. Allez, on vous le donne : « gros cornichon ».

Et puis ça y est… les ateliers d’été se terminent. Il est l’heure de la démonter. Un temps de célébration s’organise : discours de déconstruction par Amani, numéro de perceuse-visseuse en musique par Bernard et Killyan, tour de magie par Zenepa, numéro de diabolo par Marvis et de hula-hoop autour du cou par Farouk. Le tout clôturé par un petit concert de guitare de Ezdras qui avait découvert la guitare l’année dernière sur ces mêmes ateliers d’été, et qui, à son tour, donne envie à d’autres de s’y mettre.

Finalement, ce n’était peut être pas qu’une cabane. Ce n’était pas juste quelques bouts de bois, de tissus et de branches. C’était une cabane d’enfants pour y vivre des histoires qui aident à grandir.

C’était notre cabane.

Hélène et Mathieu